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Alphonse de Lamartine Le Lac

Discussion in 'poésie française' started by NADA1991, 14/3/14.

  1. NADA1991

    NADA1991 Super Moderator

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    Lamartine

    Le Lac


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    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour ?

    ش lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
    Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s'asseoir !

    Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
    Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
    Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
    Sur ses pieds adorés.

    Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
    On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
    Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
    Tes flots harmonieux.

    Tout à coup des accents inconnus à la terre
    Du rivage charmé frappèrent les échos ;
    Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
    Laissa tomber ces mots :

    " ش temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !

    " Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
    Coulez, coulez pour eux ;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
    Oubliez les heureux.

    " Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
    Va dissiper la nuit.

    " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! "

    Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
    Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S'envolent loin de nous de la même vitesse
    Que les jours de malheur ?

    Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
    Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus !

    ةternité, néant, passé, sombres abîmes,
    Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
    Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
    Que vous nous ravissez ?

    ش lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
    Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir !

    Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
    Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
    Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
    Qui pendent sur tes eaux.

    Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
    De ses molles clartés.

    Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
    Que les parfums légers de ton air embaumé,
    Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
    Tout dise : Ils ont aimé !


    البحيرة

    *

    هكذا، يُلقى بنا دوما نحو سواحل جديدة،

    وفي الليل الأزليّ نُؤخذ بدون رجعة،

    فهل بمقدورنا يوما، على سطح محيط الدهور

    إلقاء المرساة ولو ليوم؟

    .

    ألا يا بحيرة! ها هو الحول قد دار

    وعند الأمواج الحبيبة التيّ كانت من جديد ستراها،

    أُنظري! ها أنا اليوم جئتُ وحيدا، لأجلس على تلك الصّخرة

    الّتي طالما رأيتِها جالسة عليها!

    .

    كنتِ تهدرين هكذا تحت هذي الصخور الغائرة؛

    هكذا كنتِ تتحطّمين على جُنوبها الممزّقة؛

    هكذا كانت الريح تلقي بزبد أمواجك

    على ساقيها المحبوبتين.

    .

    هل تذكرين ذات مساء؟ كان قاربنا يجري بصمت؛

    ولم يكن يصلنا من هناك.. من بعيد.. فوق الموج وتحت السماوات،

    غير صخب المجدّفين، وهم يضربون بإيقاع،

    أمواجك المتناغمة

    .

    ومن الساحل المفتون، علت فجأة بالأصداء

    نَبَرات، لا عهد للأرض بها

    فأنصت الموج، ومن الصوت الحبيب

    تناثرت الكلمات:

    .

    أيا دهر، رويدك! وأنتنّ، أيّتها الساعات الخليلة

    قفن!

    لكي ننعم بأجمل أيّامنا

    والنّعيم محكوم دوما بالزّوال!

    .

    كم من البؤساء في هذي الأرض يستجدونك

    أطلق عنانك من أجلهم؛

    خذ مع أيّامهم مآسيهم التي باتت تنهشهم؛

    وانسَ السعداء

    .

    لكن، عبثا أسأل، من الوقت المزيد

    يفلت الزمن منّي.. يفرّ؛

    أقول لهذه اللّيلة: "تمهّلي!"؛ والفجر

    سوف يبدّد الدّجى.

    .

    فلنعشق إذًا! فلنعشق! وبالسّاعة الهاربة،

    هيّا بنا ننعم!

    ليس للإنسان مرفأ، ولا للزّمان ساحل؛

    فعجلة الزمان تدور ونحن نمضي!

    .

    ألا أيّها الدهر الحاسد، هل لساعات النشوة،

    عندما يسقينا الحب السعادةَ بدون حساب،

    أن تَطيرَ بعيدا عنّا، بسرعةِ

    أيّام الشّقاء؟

    .

    ماذا! ألن يكون بمقدورنا أن نستبقي منها الأثر؟

    ماذا! ولّت إلى الأبد؟ ماذا! ضاعت كلّ تلك السّاعات؟

    هذا الدهر الّذي أوجدها، هذا الدّهر الّذي يمحيها،

    أفَلن يعيدها لنا من جديد؟

    .

    أيّها الأزل، أيّها العدم، أيّها الماضي، أيّتها اللّجج السّحيقة،

    ماذا ستفعلون بالأيّام التي قد ابتلعتُم؟

    تكلّموا! هل ستعيدون لنا تلك النّشَوَات الكبرى

    الّتي قد خطفتم؟

    .

    أيتها البحيرة! أيّتها الصّخور الصمّاء! أيّتها الكهوف! أيّتها الغابات الحالكات!

    أنتنّ يا من يرعاكنّ الزمان.. بل قد يبعث فيكنّ الشباب،

    احفظن من هذي اللّيلة.. احفظي أيّتها الطبيعة الغنّاء،

    على الأقلّ، الذكرى!

    .

    لِتكن في سكونكِ، لِتكن في عواصفكِ،

    أيّتها البحيرة الجميلة! وفي منظر تلاّتك الضاحكات،

    وفي صنوبركِ الدَّجِيّ، وفي صخورك المتوحّشات،

    المعلّقات فوق مياهك!

    .

    لتكن في هبّات نسماتك المرتعشة،

    في لغط ضفافكِ وهي تردّده بالأصداء،

    في ذاك النّجم، الفضيّ جبينه، ينشر ضياءه على سطحك

    بلألئه الرّخو!

    .

    ولتقلِ الريح المتأوّهة، وليقل القصب المتنهّد،

    وليقل شذى أريجكِ،

    وليقل كلّ ما نسمع، وكلّ ما نرى، وكلّ ما نتنفّس،

    ليقل كلّ الوجود: " لقد أحبّا!"





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